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The Academy
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Comparer les courtiers : le minimum de perception

Le tarif affiché n'est presque jamais celui qu'on paie. Une autre ligne décide, et personne ne la lit.

Beginner15 min readPillar 4 — Investing in practice

This module is only available in French for now

The investing pillar is being translated. The content below is in French; the crypto pillar is available in your language.

What you will be able to do

Comparer des courtiers sur les critères qui changent réellement le coût d'un investissement régulier — minimum de perception, investissement programmé, droits de garde, éligibilité au PEA, transmission fiscale — et savoir vérifier qu'un établissement est agréé avant d'y verser quoi que ce soit.

In 30 seconds

Sur de petits versements mensuels, ce n'est pas le pourcentage affiché qui décide, c'est le minimum de perception : environ 2 € par ordre chez beaucoup de courtiers, soit 2 % sur un achat de 100 €. La parade tient en deux options — regrouper ses ordres, ou passer par un courtier dont l'investissement programmé est gratuit. Et avant tout versement, une vérification de cinq secondes : l'établissement figure-t-il sur la liste de l'AMF.

Introduction

Beaucoup ouvrent leur PEA dans leur banque principale, par simplicité. C'est souvent le choix le plus coûteux, et l'écart ne se voit pas la première année — il se voit sur vingt. Ce module explique quels critères comparer, pourquoi le tarif mis en avant est rarement celui qu'on paie réellement, et comment vérifier qu'un intermédiaire est bien autorisé à exercer.

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Le minimum de perception, la ligne qui décide

Voici le détail qui change tout sur les petits montants, et qui n'apparaît jamais dans les communications commerciales. Presque tous les courtiers appliquent un minimum de perception, de l'ordre de deux euros par ordre.

Prenons un achat de 96 € chez un courtier qui annonce 0,5 % de frais d'ordre. Le pourcentage donnerait 48 centimes. Mais le minimum s'applique : la facture est de 2 €, soit environ 2 % du montant investi. Quatre fois le tarif affiché.

Sur un versement mensuel de 100 €, cela représente 24 € de frais par an — davantage que dix années de frais de gestion d'un ETF à 0,20 %. Le choix du courtier pèse ici plus lourd que le choix du fonds, ce qui est contre-intuitif et rarement dit.

Deux parades existent, et elles gouvernent toute la mécanique d'un investissement régulier : regrouper ses ordres, ou choisir un intermédiaire sans minimum sur l'investissement programmé.

Key insight

Regardez « minimum par ordre » avant le pourcentage

Un versement de 300 € par trimestre coûte trois fois moins de frais fixes que 100 € par mois chez le même courtier — pour exactement la même somme investie sur l'année. C'est le minimum de perception qui produit cet écart, pas le pourcentage.

Common belief

Un courtier qui annonce 0,5 % de frais me prendra 0,5 % de ce que j'investis.

Actually : Le pourcentage ne s'applique qu'au-dessus d'un certain montant. En dessous, c'est le minimum de perception qui s'applique — et sur de petits ordres réguliers, il représente un multiple du taux annoncé.

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Les six critères qui comptent vraiment

Comparer des courtiers sur leur seul tarif d'ordre revient à comparer des voitures sur la couleur. Voici les six lignes qui déterminent le coût réel d'un investissement régulier de long terme.

  • Le minimum de perception par ordre — la ligne décisive sur de petits montants.
  • L'investissement programmé : proposé ou non, gratuit ou facturé.
  • Les droits de garde : un pourcentage annuel prélevé simplement pour détenir vos titres.
  • L'éligibilité au PEA : tous les courtiers n'en proposent pas, notamment les non-français.
  • La transmission fiscale : l'établissement communique-t-il vos montants au fisc, ou faut-il tout déclarer soi-même.
  • L'agrément : l'intermédiaire figure-t-il sur la liste de l'autorité de régulation.
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Les droits de garde, le prélèvement silencieux

Certaines banques traditionnelles facturent chaque année des droits de garde : un pourcentage de la valeur du portefeuille, prélevé simplement pour « tenir » le compte. Le service rendu est nul, le coût est récurrent, et il grossit à mesure que le portefeuille grossit.

Les banques en ligne et les courtiers en ligne ne les facturent pas. C'est, à lui seul, l'argument qui explique pourquoi le guichet historique est rarement le moins cher.

Un ordre de grandeur pour situer : une assurance vie cumule les frais du contrat et ceux des fonds qui la composent, pour un minimum autour de 2,5 % par an. Un PEA en ETF chez un courtier en ligne se situe autour de 0,20 % par an, plus quelques euros par ordre. Ce n'est pas le même ordre de grandeur, et le module sur les frais montre ce que cet écart produit sur trente ans.

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Le paysage, en cinq établissements

Voici les cinq courtiers que je cite dans mon livre, avec leurs caractéristiques relevées à l'été 2026. Ce tableau décrit un marché à une date donnée — il ne désigne pas de gagnant, et les tarifs bougent : ils se vérifient sur la grille tarifaire du jour avant toute décision.

Deux précisions se lisent en creux dans ce tableau. Un courtier non français ne peut pas proposer de PEA, et c'est une exclusion nette pour qui vise cette enveloppe. Et un courtier étranger, même quand il propose un PEA, laisse parfois la déclaration à la charge de son client sur le compte-titres — un travail annuel qui n'a rien d'insurmontable, mais qu'il vaut mieux avoir choisi.

CourtierFrais d'ordrePEAInvestissement programmé
Trade Republic1 € l'ordre ponctuelOuiGratuit
Bourse DirectEnviron 0,99 €OuiPayant
BoursoBankEnviron 0,5 % (minimum ~2 €)OuiNon proposé
Interactive BrokersEnviron 0,05 % (quelques € minimum)Oui, depuis 2024Non proposé
DegiroBasNonNon proposé
Caractéristiques relevées à l'été 2026. À vérifier sur la grille tarifaire du jour.
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Le cas des courtiers étrangers

Un courtier établi hors de France reste parfaitement utilisable, mais il ajoute des obligations déclaratives qu'il faut connaître avant de s'engager.

Tout compte ouvert à l'étranger doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916 — une case à cocher, rien de plus. Sur un compte-titres étranger, en revanche, rien n'est pré-rempli : les plus-values se calculent à partir du relevé d'activité et se déclarent à la main, via les annexes prévues à cet effet.

Pour les actions américaines, il existe une formalité supplémentaire : le formulaire W-8BEN, à renouveler tous les trois ans. Sans lui, la retenue à la source sur les dividendes passe de 15 % à 30 %.

Ces contraintes ne disqualifient rien. Elles expliquent simplement pourquoi un débutant qui vise un ETF Monde sur PEA n'a pas de raison particulière d'aller chercher un intermédiaire étranger, dont l'interface professionnelle est par ailleurs souvent déroutante.

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« Et si mon courtier fait faillite ? »

C'est la peur numéro un du débutant, elle est légitime, et la réponse est rassurante — à condition d'en comprendre le mécanisme.

Les titres ne sont pas la propriété du courtier. C'est le principe de la ségrégation des actifs : les ETF et les actions détenus sont inscrits au nom du client, dans des comptes tenus séparément du bilan de l'établissement. Si le courtier dépose le bilan, ses créanciers n'ont aucun droit dessus : le portefeuille est transféré à un autre intermédiaire. On ne perd pas ses titres, on change de guichet.

Et si, malgré tout, des titres manquaient à l'appel — fraude, faute grave — un filet existe. En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre les titres à hauteur de 70 000 € par client et par établissement, et les espèces à hauteur de 100 000 €. Chaque pays de l'Union européenne dispose d'un mécanisme équivalent : un courtier irlandais ou allemand est couvert par le système de son propre pays.

Deux précisions comptent, parce qu'elles sont systématiquement mal comprises. Cette garantie ne couvre jamais la baisse des marchés : si un ETF perd 30 %, personne ne rembourse — c'est le risque accepté au départ, pas un dysfonctionnement. Et elle ne s'applique qu'aux établissements agréés.

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La vérification de cinq secondes

D'où l'unique précaution qui vaille avant de verser le moindre centime : vérifier que le courtier figure bien sur la liste des établissements agréés, publiée par l'Autorité des marchés financiers sur son site.

C'est cinq secondes, une fois dans une vie. Un intermédiaire absent de cette liste n'est couvert par aucun mécanisme de garantie — et c'est précisément le profil des plateformes qui démarchent par téléphone ou par message avec des rendements flatteurs.

  • Vérifier l'agrément sur le site de l'autorité de régulation avant tout versement.
  • Ne jamais verser sur une plateforme qui démarche spontanément.
  • La garantie ne s'applique qu'aux établissements agréés — hors liste, aucun filet.
Key takeaways

What you should remember

  • 01Le minimum de perception, souvent d'environ 2 € par ordre, décide du coût réel sur de petits versements — pas le pourcentage affiché.
  • 02Deux parades : regrouper ses ordres, ou choisir un courtier dont l'investissement programmé est gratuit.
  • 03Les droits de garde sont un prélèvement annuel sans contrepartie, absent chez les courtiers en ligne.
  • 04Un courtier non français ne propose pas de PEA, et laisse parfois la déclaration du compte-titres à la charge du client.
  • 05En cas de faillite, la ségrégation des actifs protège les titres ; la garantie couvre 70 000 € de titres, jamais la baisse des marchés.
  • 06Vérifier l'agrément de l'établissement auprès du régulateur avant tout versement.