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L'Académie
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Investir en immobilier sans acheter de mur

Des parts plutôt qu'un bien : trois formes très différentes, dont deux se ressemblent beaucoup moins qu'on ne le croit.

Intermédiaire12 min de lecturePilier 3 — Enveloppes et classes d'actifs
Ce que vous saurez faire

Distinguer les principales formes d'immobilier détenu en parts, savoir ce que chacune coûte à l'entrée et à la revente, et comprendre pourquoi leur imposition pèse davantage que leur rendement affiché.

En 30 secondes

Trois familles dominent : les parts de sociétés qui achètent et louent des immeubles, les sociétés immobilières cotées en Bourse, et les fonds mixtes. Les premières versent des loyers mais coûtent cher à l'entrée et se revendent lentement ; les secondes s'achètent et se vendent en une seconde mais varient comme des actions. Dans les deux cas, l'imposition des revenus décide d'une part importante du résultat.

Introduction

Acheter un appartement pour le louer engage un crédit, du temps, et concentre une part énorme du patrimoine sur un seul bien, dans une seule rue. L'immobilier détenu en parts propose autre chose : la même classe d'actifs, en petites quantités, sans gestion. Le raccourci est réel, mais il se paie — et pas toujours là où on le regarde.

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Trois portes d'entrée, trois natures

La première porte consiste à acheter des parts d'une société qui détient et loue des immeubles — bureaux, commerces, santé, logistique, parfois logements. Les loyers encaissés sont redistribués aux porteurs, après frais de gestion.

La deuxième consiste à acheter en Bourse les actions d'une société immobilière cotée. Le sous-jacent est comparable, mais on détient une action : elle se négocie en continu, et son cours varie avec le marché actions autant qu'avec l'immobilier.

La troisième regroupe des fonds mixtes, qui combinent immeubles et actifs financiers afin de pouvoir rembourser plus rapidement les porteurs qui sortent.

Une quatrième voie existe, souvent présentée à côté des trois précédentes : le financement participatif de promoteurs. Ce n'est pas de la détention immobilière mais du prêt à court terme, avec un risque de perte en capital propre à chaque opération. La confusion est fréquente et mérite d'être levée d'emblée.

Idée reçue

L'immobilier en parts, c'est de l'immobilier — donc c'est stable.

En réalité : Une société immobilière cotée est une action : elle subit les mouvements de la Bourse, parfois violemment, alors même que ses immeubles n'ont pas bougé. La stabilité apparente des parts non cotées vient surtout de ce que leur prix est réévalué rarement, pas de ce qu'elles varieraient moins.

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Les parts de sociétés qui possèdent et louent

Le fonctionnement est simple à décrire : la société collecte de l'argent auprès d'épargnants, achète des immeubles, les loue, et reverse les loyers nets aux porteurs, au prorata de leurs parts.

Le rendement affiché correspond aux loyers distribués rapportés au prix de la part. Il est régulièrement mis en avant comme argument commercial, et il présente deux limites : il ne dit rien de l'évolution de la valeur des parts, et il s'entend avant imposition — qui est justement l'endroit où le plus gros morceau se joue.

La valeur des parts n'est pas figée. Elle est réévaluée périodiquement à partir d'expertises immobilières, et elle peut baisser. Des corrections notables se sont produites, notamment sur les bureaux.

Un délai de jouissance sépare souvent l'achat des premières distributions : plusieurs mois durant lesquels l'argent est investi sans rien rapporter. Il figure dans la documentation, rarement dans l'argumentaire.

Analogie

La copropriété à mille

C'est une copropriété dont on détient quelques millièmes, sans jamais voir l'immeuble ni recevoir d'appel du syndic. On délègue tout : le choix des biens, les travaux, les locataires. Le prix de cette délégation est prélevé chaque année sur les loyers.

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L'immobilier qui cote en Bourse

Une société immobilière cotée est une entreprise comme une autre, dont le métier est de détenir et d'exploiter des immeubles. Ses actions s'achètent et se vendent en Bourse, en une seconde, aux frais de courtage habituels.

Un régime fiscal particulier oblige ces sociétés à distribuer une large part de leurs résultats, ce qui explique des dividendes généralement élevés. En contrepartie, elles ne peuvent pas être logées dans un plan d'épargne en actions — un point qui surprend souvent, et qui les renvoie vers le compte-titres.

La liquidité a son revers : le cours réagit aux taux d'intérêt, à l'humeur des marchés et aux anticipations, bien plus vite que la valeur des immeubles sous-jacents. Des écarts durables entre le cours et la valeur estimée du patrimoine sont fréquents, dans un sens comme dans l'autre.

Des fonds indiciels regroupent ces sociétés, ce qui permet d'en détenir un panier large en une seule ligne, à frais réduits, plutôt que de sélectionner des titres un par un.

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Frais d'entrée et facilité de revente

C'est la différence la plus lourde de conséquences entre les deux premières familles.

Les parts non cotées supportent des frais de souscription élevés, souvent de l'ordre de plusieurs pour cent à une dizaine de pour cent du montant investi. Ils sont prélevés à l'entrée et se récupèrent sur plusieurs années de distributions — ce qui suppose de rester plusieurs années.

La revente n'est pas immédiate. Elle suppose de trouver un acquéreur, ou que la société dispose d'une réserve pour racheter les parts. En période de tension sur un secteur, les demandes de retrait peuvent s'accumuler et l'attente se compter en mois.

Les actions cotées inversent complètement ce profil : frais d'entrée réduits aux frais de courtage, revente en une seconde. Le prix de cette souplesse, c'est un cours qui bouge tous les jours et qui peut décevoir au moment précis où l'on veut sortir.

Il n'y a pas de forme supérieure : il y a un arbitrage entre le coût d'entrée, la rapidité de sortie et la stabilité apparente du prix. Savoir lequel des trois compte le plus pour soi est la seule façon de trancher.

Parts non cotéesSociétés cotées en Bourse
Frais d'entréeÉlevés, prélevés à la souscriptionFrais de courtage seulement
ReventeLente, dépend de la demandeImmédiate, en séance
Variation du prixRéévaluations périodiquesCotation continue, volatile
Enveloppes possiblesCompte-titres, certains contrats d'assurance vieCompte-titres
Deux formes, deux profils de contraintes.
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L'imposition, et l'enveloppe qui l'adoucit

Les loyers distribués par les parts non cotées sont traités comme des revenus fonciers : ils s'ajoutent au revenu imposable et sont soumis au barème progressif, ainsi qu'aux prélèvements sociaux.

La conséquence est massive et souvent découverte après coup : pour un foyer dont la tranche marginale est élevée, une part importante du rendement affiché part en impôt. Le rendement net réel peut se situer très loin du chiffre mis en avant.

Loger ces parts à l'intérieur d'un contrat d'assurance vie change la donne, puisque les revenus ne sont alors imposés qu'à la sortie et selon les règles du contrat. L'offre disponible y est plus restreinte, et le contrat prélève ses propres frais de gestion, qui se cumulent.

Les dividendes des sociétés cotées relèvent, eux, du régime des revenus de capitaux mobiliers, avec le prélèvement forfaitaire par défaut. Le traitement diffère donc nettement entre les deux familles, à sous-jacent comparable.

Comme toujours, les taux et les règles relèvent de la loi de finances et évoluent. Ce module donne la structure ; les chiffres se vérifient à la source.

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Ce que ça ne remplace pas

Détenir de l'immobilier en parts n'est pas équivalent à acheter sa résidence principale : on ne s'y loge pas, et on ne bénéficie pas de l'effet de levier d'un crédit immobilier obtenu pour y habiter.

Ce n'est pas non plus un substitut à l'argent disponible. La revente peut être lente, ou intervenir à un prix décevant : cette poche ne joue pas le rôle du matelas de sécurité.

Enfin, ce n'est pas une façon d'éviter le risque des marchés. C'est une famille de plus dans un patrimoine — avec ses propres cycles, qui ne coïncident pas toujours avec ceux des actions, ce qui est précisément son intérêt.

La place qu'elle mérite relève du dosage d'ensemble, qui se décide dans le pilier consacré à l'assemblage du patrimoine, pas ici.

  • Ce n'est pas un logement : aucun usage, et pas d'effet de levier lié à l'habitation.
  • Ce n'est pas de l'argent disponible : la revente peut être lente ou décevante.
  • Ce n'est pas une protection contre le risque : c'est une famille de plus, avec ses cycles.
À retenir

Les points clés à retenir

  • 01Trois formes : parts non cotées, sociétés immobilières cotées, fonds mixtes — le financement participatif est du prêt, pas de la détention.
  • 02Les parts non cotées coûtent cher à l'entrée et se revendent lentement ; les sociétés cotées s'échangent instantanément mais varient comme des actions.
  • 03Le rendement affiché s'entend avant imposition, et ne dit rien de l'évolution de la valeur des parts.
  • 04Les loyers distribués relèvent des revenus fonciers, imposés au barème : le net peut être très éloigné du brut affiché.
  • 05Les sociétés immobilières cotées ne sont pas éligibles au plan d'épargne en actions.