Ce qui passe avant d'investir
Rembourser une dette chère est le seul placement dont le rendement est connu d'avance. Toutes les dettes ne sont pas dans ce cas.
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Savoir comparer le coût d'une dette au rendement espéré d'un placement, distinguer les dettes qui passent systématiquement avant de celles qui se discutent, et en déduire un ordre de priorité.
Rembourser un crédit revient à obtenir, à coup sûr, le taux de ce crédit. Au-dessus d'un certain coût — crédits renouvelables, découverts, financements de consommation — aucun placement ne rivalise avec cette certitude. En dessous, notamment pour un crédit immobilier ancien à taux bas, le calcul cesse d'être évident et fait intervenir autre chose que l'arithmétique.
Introdução
C'est la question qui revient le plus souvent, et celle sur laquelle circulent le plus d'idées fausses dans les deux sens. « Toute dette est mauvaise » est faux ; « la dette est un levier » l'est tout autant quand on l'applique sans regarder le taux. Ce module remplace le slogan par une comparaison, et la comparaison est simple.
L'arbitrage tient en une comparaison
Rembourser un crédit par anticipation supprime les intérêts qui restaient à payer. Économiser un intérêt de sept pour cent produit exactement le même effet sur le patrimoine que gagner sept pour cent sur un placement — au centime près.
Avec une différence décisive : le taux du crédit est écrit au contrat, connu, garanti. Le rendement d'un placement est espéré, variable, et peut être négatif pendant des années.
La comparaison honnête n'oppose donc pas un taux à un autre taux, mais une certitude à une espérance. À rendement comparable, la certitude gagne toujours.
Une précision utile : ce raisonnement porte sur le taux du crédit, pas sur la mensualité. Une mensualité confortable peut cacher un taux élevé, et c'est souvent le cas des financements proposés au moment d'un achat.
Le seau percé
Verser de l'eau dans un seau percé pendant qu'on cherche un robinet plus puissant n'a pas de sens. Boucher le trou produit un gain immédiat, mesurable, et qui ne dépend de personne.
Les dettes chères gagnent toujours
Certaines dettes se situent à des niveaux de taux qu'aucune espérance de placement raisonnable n'approche. Les crédits renouvelables — parfois appelés réserves d'argent — en sont l'exemple le plus courant. Les découverts bancaires autorisés les suivent de près, agios compris.
S'y ajoutent les financements de consommation contractés en magasin ou en ligne, y compris les paiements fractionnés qui paraissent gratuits. Certains le sont réellement ; d'autres portent des frais qui, ramenés à la durée, composent un taux élevé.
Pour ces dettes, il n'y a pas d'arbitrage à faire : aucun placement accessible ne promet, de façon certaine, un rendement comparable. Le calcul est tranché avant d'être posé.
Une nuance de méthode : quand plusieurs dettes coexistent, l'ordre qui minimise le coût total est celui des taux décroissants — on commence par la plus chère, indépendamment du montant restant dû. D'autres méthodes existent, fondées sur l'effet psychologique de solder une petite dette d'abord ; elles coûtent un peu plus cher et tiennent parfois mieux.
J'ai un crédit à la consommation, mais mon placement rapporte plus — je garde les deux.
Na realidade : Le taux du crédit est certain, le rendement du placement ne l'est pas. Comparer une charge garantie à un gain espéré fausse l'arbitrage, et l'écart se paie chaque mois pendant toute la durée du crédit.
Les crédits à taux bas : le calcul change
À l'autre extrémité, un crédit contracté à un taux très bas se compare autrement. Si son coût est inférieur à ce qu'un placement de long terme peut raisonnablement produire, le rembourser par anticipation n'est plus évidemment gagnant.
Trois éléments entrent alors dans le calcul, et aucun n'est un détail.
L'inflation, d'abord : une mensualité fixe représente, année après année, une part décroissante d'un revenu qui suit approximativement la hausse des prix. Le temps travaille pour l'emprunteur.
Les pénalités de remboursement anticipé, ensuite. Elles sont plafonnées par la loi pour un crédit immobilier, et parfois négociables ou absentes selon les contrats — c'est une ligne à vérifier avant tout calcul.
L'assurance emprunteur, enfin, qui est parfois le poste le plus coûteux du crédit. La renégocier ou en changer produit un gain sans rien rembourser du tout, et ce levier est largement sous-utilisé.
Ce que le calcul ne dit pas
Se libérer d'une dette apporte une tranquillité qui ne figure dans aucun tableur. Quelqu'un qui rembourse un crédit à faible taux alors que l'arithmétique conseillait l'inverse ne fait pas d'erreur : il achète quelque chose que le calcul ne mesure pas.
Le crédit immobilier, un cas à part
Il concentre trois particularités qui le distinguent de tous les autres.
C'est généralement le crédit au taux le plus bas accessible à un particulier, parce qu'il est garanti par un bien. C'est aussi le plus long, donc celui sur lequel l'inflation joue le plus. Et c'est le seul qui finance un actif dont on a l'usage immédiat.
S'ajoute une asymétrie rarement soulignée : un crédit immobilier remboursé par anticipation ne se reprend pas. L'argent placé dans les murs cesse d'être disponible, alors qu'un placement liquide reste mobilisable. Pour qui n'a pas encore constitué de réserve de précaution, l'arbitrage penche nettement.
L'ordre que j'applique pour moi-même : la réserve de précaution d'abord, les dettes chères ensuite, puis les versements de long terme — et le crédit immobilier à taux bas, je le laisse courir. Ce n'est pas une règle générale, c'est le résultat d'un calcul fait sur mon propre taux, qui ne dit rien du vôtre.
L'ordre qui en découle
Quatre étapes, dans cet ordre, et le passage à la suivante suppose la précédente traitée.
La réserve minimale d'abord — quelques semaines de charges suffisent à ce stade, la réserve complète peut attendre. Sans elle, le moindre imprévu recrée une dette chère et annule le travail en cours.
Les dettes chères ensuite, par taux décroissants. C'est le seul « placement » dont le rendement est contractuel.
La réserve de précaution complète ensuite, telle que le module précédent la définit.
Les versements de long terme enfin, et la question des dettes bon marché devient alors un arbitrage ordinaire, à trancher sur les chiffres de chacun.
Un dispositif mérite d'être cité à part : quand un employeur abonde l'épargne salariale, le gain immédiat dépasse presque toujours le coût d'une dette bon marché. C'est l'exception la plus nette à l'ordre ci-dessus.
- Une réserve minimale, pour ne pas recréer de dette au premier imprévu.
- Les dettes chères, par taux décroissants.
- La réserve de précaution complète.
- Les versements de long terme — et l'arbitrage sur les dettes bon marché.
O que reter
- 01Rembourser un crédit produit, à coup sûr, l'équivalent de son taux : une certitude, pas une espérance.
- 02Au-dessus d'un certain coût, aucun placement ne rivalise — l'arbitrage est tranché d'avance.
- 03Pour un crédit à taux bas, l'inflation, les pénalités et l'assurance emprunteur entrent tous dans le calcul.
- 04Renégocier l'assurance emprunteur produit un gain sans rembourser quoi que ce soit.
- 05L'abondement d'une épargne salariale est l'exception la plus nette à l'ordre de priorité.